Argentan [SOCIAL] Les élus totalement investis dans la reprise du site d'Amcor à Argentan

Alors que les salariés d'Amcor Flexibles vont passer un cap important ce jeudi avec un CCE, les élus d'Argentan Intercom entendent poursuivre leur travail pour la reprise du site. En mettant la pression sur la direction de l'entreprise.

19/04/2017 à 16:04 par christophe

Pierre Pavis, maire d'Argentan, Laurent Beauvais, président d'Argentan Intercom, et Isabelle Boscher, suppléante du député Yves Goasdoué. -
Pierre Pavis, maire d'Argentan, Laurent Beauvais, président d'Argentan Intercom, et Isabelle Boscher, suppléante du député Yves Goasdoué. -

« On arrive dans un calendrier qui est maintenant extrêmement important ». Le président d’Argentan Intercom, Laurent Beauvais, ne cache pas que la situation est particulièrement difficile. « Les négociations se terminent le 20 et un comité central le 19 (NDLR, hier mercredi). »

Mardi, il était entouré de son vice-président chargé des affaires économiques, Daniel Delaunay, du maire d’Argentan, Pierre Pavis, et de la suppléante du député, Yves Goasdoué.

On voulait exprimer deux choses. Tout d’abord, vis-à-vis de l’entreprise Amcor : elle a imposé assez durement sa volonté face à des salariés qui, manifestement, n’ont pas eu la possibilité de négocier vraiment. Les propositions qui ont été faites sont très en deçà de ce qu’ils pouvaient légitimement demander.

« Ils ont eu l’impression d’être humiliés par Amcor »

« Il faut que l’entreprise soit plus ouverte pour écouter les salariés. Ces derniers ont eu l’impression d’être humiliés par les propositions d’Amcor.

Ça ne me parait pas très très correct et si l’État, par le biais de la Directe, pouvait considérer cela positivement, on en serait satisfait. On espère que l’État regardera tout cela très attentivement.”

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En parallèle du PSE, il y a la loi Florange. On attend d’Amcor que l’entreprise soit allante et participe à la reprise ou à l’éventuelle réindustrialisation du site. Les collectivités territoriales seront là : la Cdc, la ville, le Département et la Région. Mais, l’échéance étant le 20, il faut qu’Amcor joue le jeu.

« Une première au niveau départemental »

« C’est probablement la première fois que l’on décline cette loi dans le département et même au-delà. Pour nous, élus, c’est important que cet outil industriel puisse être repris pour une activité ou pour une autre. Pour l’instant, même si l’entreprise nous dit qu’elle a des touches, nous n’avons pas d’information précise. On aimerait que l’entreprise soit plus active : c’est un sujet préoccupant. »

« Un ressenti désagréable »

Pierre Pavis émet quelques réserves quant à la volonté d’Amcor de céder le site. « J’ai participé avec Daniel Delaunay à une visite du site. Je ne suis pas sûr qu’il y ait une réelle volonté de la part de l’entreprise de céder cet outil de travail. Ce n’est pas un procès d’intention, c’est simplement un vécu. Je ne suis pas ressorti de la réunion que l’on a eue avec optimisme sur la volonté de l’entreprise de faire en sorte que, soit tous les employés trouvent un travail éventuellement ailleurs, soit que l’entreprise cède son outil de travail. »

Daniel Delaunay, à gauche, estime que la direction d'Amcor n'a pas joué le jeu.
Daniel Delaunay, à gauche, estime que la direction d'Amcor n'a pas joué le jeu.

« L’entreprise a des devoirs »

« C’est un ressenti très désagréable et je me dis qu’il faudra peut-être que le législateur se penche de nouveau sur cette loi Florange : dans l’intention, elle est très bonne, mais dans l’application, elle n’est pas suffisante. [...] Si les salariés ont des devoirs envers leur entreprise, l’entreprise a des devoirs envers ses salariés. J’ai tendance à penser que cela n’est pas respecté par Amcor. »

Une loi Florange jugée insuffisante, également pour Daniel Delaunay : « La partie reprise d’entreprise ne tient qu’à la direction d’Amcor. C’est Amcor qui accepte les intervenants ou pas. » « On est là pour être des facilitateurs, mais on n’est pas une pièce maîtresse du dispositif », reprend Laurent Beauvais.

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Le député Yves Goasdoué a participé à plusieurs réunions et a rencontré les employés d’Amcor. Pour sa suppléante, Yves Goasdoué souhaite, à l’instar de Pierre Pavis, que le législateur travaille de nouveau cette loi Florange. « Il faudra imposer un cadre pour transmettre l’entreprise et non pas se contenter de rechercher », expose Isabelle Boscher. « Ce qu’il déplore, c’est la stratégie ou la méthode employées par le siège vis-à-vis de salariés qui sont plutôt très ouverts au dialogue et à la négociation. »

« Bonne santé financière »

« On n’est pas dans le cadre d’une entreprise qui a rencontré des problèmes et qui se retrouve en situation de cesser son activité en raison d’un marché qui s’est évaporé », reprend Laurent Beauvais.

« On est dans le cadre d’un grand groupe qui est en bonne santé financière et dont on sait qu’une partie des activités qui étaient réalisées à Argentan ont toutes les chances d’être basculées du côté du Portugal ou de l’Espagne. C’est pour cela que l’entreprise a, moralement, une responsabilité plus forte et elle peut, tant au niveau du PSE qu’au niveau de la réindustrialisation, être proactive et apporter une possibilité de réindustrialiser le site. »

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Un site qui peut être pourtant intéressant, explique Daniel Delaunay. « Les entreprises qui viennent visiter viennent surtout récupérer du savoir-faire et c’est très encourageant pour le personnel qui est bien formé, qui a de l’ancienneté sur le métier. C’est très très important.

La direction “ne donne pas l’image de patrons responsables”

Quand on voit que des entreprises ont appelé uniquement pour récupérer du personnel, ça montre la qualité des personnes. Évidemment, ça ne nous convient pas forcément, parce qu’on voudrait que les forces restent en place. On souhaiterait que l’outil reste sur place. » Pour le président de la commission économique, la direction d’Amcor « ne donne pas l’image de patrons responsables », contrairement aux salariés.

Ils portent même le discrédit sur l’ensemble du patronat, alors qu’on a sur le territoire des patrons qui se bagarrent tous les jours pour faire avancer le territoire.

Pas de retours sur les subventions

Quid des sommes allouées versées ces dernières années par les collectivités pour permettre le développement de l’entreprise ? « Ces dernières années deviennent lointaines », répond Laurent Beauvais.

« Ça remonte à plus d’une dizaine d’années. Les contrats et autres conventions qui ont été passés à l’époque sont achevés, soldés. Des comptes ont été rendus et on ne peut plus faire marche arrière. »

Christophe RIVARD

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