Argentan Il a ouvert des comptes bancaires avec des faux papiers à Argentan

Endetté à cause du poker, l'homme escroque les banques d'Argentan pour rembourser l'argent.

09/02/2017 à 10:23 par journaliste.journaldelorne

Lhomme demandait une carte à débit différé avec un montant de 1 000 €.
L'homme demandait une carte à débit différé avec un montant de 1 000 €.

Le 12 décembre 2013, la directrice d’un établissement bancaire argentanais informe le commissariat qu’elle soupçonne que son établissement a été victime d’une tentative d’escroquerie la veille, soit le 11 décembre. Elle relate qu’un homme s’est présenté pour ouvrir un compte bancaire en fournissant un passeport supportant sa photographie, un justificatif de domicile, un relevé bancaire et un bulletin de paye, divers documents à un nom à consonance asiatique. Il présentait par ailleurs une pièce à une identité différente et, lorsqu’elle a voulu examiner de plus près cette pièce, l’individu a quitté les lieux prestement.

Les premières investigations effectuées permettaient d’établir que le passeport avait été volé à Paris un mois plus tôt, puis que les autres documents présentés étaient des faux.

Il s’avérait ensuite que cet individu avait procédé de même auprès d’autres organismes bancaires argentanais. Dans quatre d’entre eux, il parvenait à ses fins et deux établissements subissaient des tentatives, l’intéressé s’enfuyant lorsque les conseillères décidaient de vérifier les documents fournis.

Dans les temps qui suivaient, La Poste informait les fonctionnaires qu’une personne décidant de faire suivre son courrier en poste restante avait oublié son passeport au guichet. Vérifications effectuées, il ressortait qu’il s’agissait du passeport utilisé pour les escroqueries. Une diffusion de recherche était effectuée par les policiers au vu de la photographie récupérée sur le passeport et celles obtenues grâce à la vidéo surveillance.

L’enquête amenait alors les enquêteurs à Dijon, l’individu ayant été identifié comme un habitant de 29 ans de cette ville. Il était interpellé le 24 juin 2014.

Entendu, il reconnaîtra être l’auteur des faits. Il expliquera que, suite à une dette de poker de 5 000 € contactée sur Paris, on lui avait demandé de commettre ces faits pour rembourser. Il informera même les policiers qu’il a commis les mêmes infractions entre le 13 et le 14 décembre 2013 auprès de cinq établissements bancaires à Nogent-le-Rotrou en utilisant une autre identité.

Il aurait été « pris à la gorge » par des dettes

L’intéressé comparaissait mardi devant le tribunal correctionnel d’Argentan par le biais de la visioconférence, son conseil dijonnais n’ayant pu se déplacer.

Devant le tribunal, le prévenu renouvelle ses aveux. Il explique qu’il avait des dettes et qu’il était pris à la gorge, qu’il n’a pas eu d’autre choix que d’accepter, ajoutant que sa famille était menacée par ses créanciers qui lui avaient pris sa carte nationale d’identité. Il affirme également qu’il ne savait pas que le passeport utilisé à Argentan était volé. Selon lui, il s’agissait de « vrais faux » utilisant une identité imaginaire et, à ce titre, il ne pensait léser personne.

Il relate que les personnes envers qui il est redevable parlaient des faits commis à Argentan et à Nogent-le-Rotrou comme de dossiers et, qu’à chaque dossier, sa dette se réduisait de 2 000 €. Il précise qu’il ne connaît par la réelle identité de ces personnes.

Quant au mode opératoire, il a été établi que le mis en cause se mettait dans la peau du personnage suivant le métier mentionné sur le bulletin de salaire fourni à la banque, une vraie mise en scène souligne la présidente. Le prévenu explique qu’à chaque ouverture de compte, il demandait une carte à débit différé avec un montant de 1 000 €. Il remettait ensuite cette carte au commanditaire qui auparavant lui avait remis un peu de provisions pour alimenter le compte.

Marion Vinault, procureur, a des doutes sur la véracité des dires de l’intéressé qui, bien que reconnaissant les faits, se justifie par de « vrais faux » bandits. Elle estime que ses déclarations ont évolué en fonction de l’enquête et qu’il est resté flou sur l’identité des « bandits parisiens ». Elle trouve également malhabile qu’il ait cru que le passeport utilisé à Argentan était un vrai alors qu’il n’était pas à son nom mais avec sa photographie. Une peine de 24 mois d’emprisonnement assortie d’un sursis avec mise à l’épreuve est requise, ainsi qu’une amende de 12 000 €, dont 2 000 € avec sursis.

Pour l’avocat du prévenu, la défense de ce dernier a été constante et il a été instrumentalisé pour récupérer de l’argent pour quelqu’un d’autre. Il précise qu’il est facilement passé aux aveux et qu’il a même informé, lui-même, les enquêteurs des faits de Nogent-le-Rotrou. Par ailleurs, il regrette que le téléphone portable n’ait pas été exploité car, selon lui, il aurait été aisé d’identifier les commanditaires. Il estime aussi que son client s’est jeté dans la gueule du lion en utilisant une identité asiatique alors qu’il est maghrébin, et qu’il a toujours agi à visage découvert. Pour lui, les réquisitions sont excessives et il dit ne pas comprendre la peine d’amende demandée ajoutant que les faits sont anciens et qu’il faut en tenir compte.

Le prévenu est déclaré coupable de l’intégralité des faits d’escroqueries, de tentatives d’escroqueries et de faux et usage de faux Il est par ailleurs relaxé des faits de recel de passeport. Il écope d’une peine de 10 mois d’emprisonnement assortis de 24 mois de sursis avec l’obligation de travail ou de formation et de justifier les sommes dues au trésor public.

61200 Argentan

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