Ecouché Concert de piano par Aurélie Namont à l'église

Aurélie Namont est une pianiste internationale. Ce week-end, elle s’arrêtera à Ecouché, près des siens. Qu’évoque pour elle ce retour aux sources ? Entretien.

Dernière mise à jour : 05/06/2013 à 11:52

- Vos parents habitent Joué-du-Plain. Est-ce pour vous un retour aux sources que de revenir jouer à l’église d’Ecouché ?

- Venir ici, c’est particulier pour moi. En effet, mes proches sont à proximité. De ce fait, mes émotions sont plus fortes. Ça me donne encore plus envie de bien faire que lorsque je joue ailleurs ! Mais, je dois aussi me méfier. Car de ce souci de bien faire pourrait aussi apparaître une pression supplémentaire pas toujours facile à gérer.

- Que redoutez-vous le plus en tant que pianiste ?

- Le fait de ne pas comprendre, de ne pas respecter les œuvres que j’interprète. Pour bien jouer, selon moi, il faut nécessairement connaître la vie du compositeur et même sa personnalité, son histoire personnelle.

- Pourquoi approfondir à ce point ? Une mélodie au piano n’est-elle pas écrite au solfège simplement pour être reproduite à l’identique à chaque fois ?

- Mozart ne se joue pas comme Chopin. Chopin ne se joue pas comme Schubert, Schubert ne se joue pas comme Bartok… Et ainsi de suite. Aussi, c’est afin de détecter les différences propres aux styles de chaque compositeur qu’il faut faire cet approfondissement. Il peut demander des mois.


- Considérez-vous l’un des musiciens que vous interprétez comme meilleur que les autres ?

- Non. Tous ont une façon différente de faire, mais pas meilleure ou moins bonne. Pour moi, en tous les cas, ils poursuivent le même but : ils essaient de mettre en musique la beauté de la nature et de la vie, dans une forme de langage universel.

- Savez-vous d’où vous vient votre amour du piano ?

- Je suis née dans une famille où le piano était omniprésent. Je me souviens notamment combien ma grand-mère me parlait avec amour de cet instrument. Un jour, j’ai vu un concert de Tchaikovski. J’avais 12 ans et ça a été une révolution. C’est à ce moment que j’ai compris que je voulais être pianiste.

- Comment accueillez-vous cette période où la musique est accessible facilement en téléchargement et en CD ?

- C’est bien, mais ça a le défaut d’habituer les gens à la perfection. En effet, quand on écoute un CD, les enregistrements sont toujours très bons, quasi parfait. Pourtant, en concert, on n’atteint pas ce niveau-là. Il faut déjà s’habituer à un piano qu’on ne connaît pas… Malgré ça, les concerts ont de nombreux bons côtés. En exemple, on pourrait notamment dire que les différents lieux de représentation ont chacun une acoustique spécifique… qu’il faut découvrir et faire découvrir !

- En conclusion, quel conseil souhaiteriez-vous donner à un jeune ou futur pianiste ?

- Je dirai que le jeu du pianiste doit rester au service de la musique. En aucun cas, il ne faut faire l’inverse. C’est, pour moi, une question d’honnêteté et d’authenticité.

Propos recueillis par¬
Guillaume JEANNE

HORAIRE
À 16 h 30, à l’église d’Ecouché. Le dimanche 9 juin. Tarif : 10 €. Pour l’agenda d’autres concerts d’Aurélie Namont, consulter www.aurelienamont.com.

SIX COMPOSITEURS AU PROGRAMME
« Je jouerai des œuvres de Bach, Mozart, Schubert, Bartok, Ravel et Debussy », précise-t-elle. Le concert durera 1 h 30. « Il n’y a pas de suite logique entre les œuvres. Mais on pourrait utiliser, comme titre générique, les esprits vagabonds. En effet, ce concert est une invitation au voyage et à l’influence de différentes cultures sur différents compositeurs ».

Ecouché, 61

Votre opinion
Aucun sondage actuellement

Revue de web

    fournis par Google

    Petites Annonces