Crise : “Remettre l’Homme au centre du dispositif”
- Samedi 19/11/2011 - 15:07
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- mmejo
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Depuis près de 11 mois à la tête du diocèse de Séez, Mgr Jacques Habert a démarré sa visite pastorale par le doyenné d’Argentan. L’occasion pour lui de faire un état des lieux, d’écouter les acteurs de l’Église sur le terrain mais aussi d’insuffler les orientations de l’Église. Notamment en cette période économique mouvementée.
- Vous démarrez une visite diocésaine qui va durer plusieurs mois. Quel en est l’objectif ?
- C’est un peu un exercice imposé à tous les évêques quand ils arrivent dans un diocèse. Il s’agit d’aller à la rencontre des personnes, d’aller voir les gens sur place. Pendant dix semaines, d’ici à la fin mai 2012, je vais aller voir dix endroits du diocèse qui ont été déterminés. Évidemment, depuis que je suis là, depuis près d’un an, j’ai déjà rencontré beaucoup de monde. Mais ce seront des rencontres plus systématiques. Il y aura des rencontres avec les acteurs pastoraux, avec les élus, avec le grand public, avec les personnes travaillant dans le mouvement caritatif ; mais aussi avec le monde des jeunes, le catéchiste… Après, chaque lieu peut avoir mis en valeur une thématique qu’il veut me faire découvrir.
- Quelles seront les orientations mises en place à l’issue de ces rencontres ?
- Il s’agit d’abord de faire un état des lieux, de découvrir davantage le diocèse. Après, ça peut déboucher sur des orientations nouvelles, une organisation nouvelle, sur des impulsions nouvelles, mais aussi de confirmer les gens dans leurs missions. On ne peut pas dire à l’avance quel sera le fruit de toutes ces visites. On verra au terme de ces dix semaines ce qu’on décide.
- Depuis 11 mois, vous avez eu un peu de temps pour découvrir votre diocèse. Quel regard portez-vous dessus ?
- On m’a d’abord très bien accueilli. Très fraternellement. Je me sens chez moi maintenant dans le diocèse. Je sens beaucoup de gens actifs sur le terrain, des gens qui se dépensent vraiment pour que l’Église puisse accomplir sa mission. La visite pastorale va être l’occasion de les remercier, de les réconforter, de les conforter, de les encourager. J’ai le sentiment d’un diocèse qui est en bon ordre de marche mais aussi qui a ses fragilités, où il y a des défis nouveaux à relever.
- La France, l’Europe, le monde vivent une crise économique importante. Quelle est la place de l’Église aux côtés des citoyens ?
- Justement, au cours de cette visite pastorale, au cours des dix semaines, il y aura des rencontres avec les acteurs sur le terrain comme le Secours Catholique, Saint-Vincent-de-Paul, le CCFD… Des gens qui, dans la mission de l’Église, sont aux côtés de ceux qui souffrent, de ceux qui traversent la crise. Il y a aussi toute une réflexion qui est menée par l’Église, notamment en France, puisque je reviens de conférence épiscopale de Lourdes, sur les modes de vie qu’elle peut proposer et qui peuvent être une réponse à la crise que nous traversons : ce peut être une invitation au partage, à une certaine frugalité dans notre consommation et à l’attention de l’autre.
- Notre société n’a-t-elle pas trop privilégié le côté économique par rapport au côté humain ?
- C’est sûr que l’argent, l’économie et la finance peuvent être de véritables idoles, ce qui fait que l’homme est simplement un instrument et qu’il est blackboulé par tous ces flux financiers qui nous dépassent complètement. Le rôle social de l’Église est justement de remettre l’Homme au centre du dispositif ; mais il y a aussi des défis nouveaux comme la mondialisation. On peut avoir une bonne parole, il faut en avoir ; elle est très prophétique et, en même temps, il y a une complexité économique et financière qu’il faut aborder en tant que telle.
Propos recueillis par
Christophe RIVARD


